Notre poison quotidien !!!

« NOTRE POISON QUOTIDIEN« , le 15 mars 2011 sur ARTE ainsi que la sortie du livre éponyme et du DVD, ce même jour
Marie-Monique commence aujourd’hui un « témoignage » qui va expliquer la démarche qu’elle a suivi pour réaliser cette longue enquête qui l’a conduite dans 6 pays européens (France, Italie, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne, Danemark), aux Etats-Unis, Canada, Chili et en Inde.

POURQUOI CETTE ENQUETE ?
 
Marie-Monique vous répond :
Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n’a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posée 3 questions :
1) Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une « exception » dans l’histoire industrielle?
2) Comment sont « réglementés » les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la 2nde guerre mondiale?
3) Y-a t-il un lien entre l’exposition à ces produits chimiques et « l’épidémie de maladies chroniques évitables » que l’Organisation Mondiale de la Santé* a constaté surtout dans le spays dits « développés »
« Les termes mis entre guillemets ci-dessus sont ceux utilisés par l’OMS »
Consciente que le champ d’investigation était très vaste, j’ai décidé de ne m’intéresser qu’aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l’assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).
Avant d’entreprendre mon nouveau tour du monde, j’ai réalisé un long travail de recherche préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et j’ai rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation) , soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés. J’ai aussi consulté les archives d’organisations internationales comme l’OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de la première
Afin d‘illustrer ses propos et de vous couper l’appétit,
voici la Recette de la tarte aux cerises
 
Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d’une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu’à l’usine agro-alimentaire.

Bon appétit!

 

Histoire de la Pâte

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis.Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et 1 dose importante d’engrais: 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare, tout de même !Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.Pour la mouture,

la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase.
Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.
Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l’hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la Crème

La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l’huile.Les oeufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :

antioxydants (E300 à E311),
arômes,
émulsifiants: alginate de calcium,
conservateurs : acide formique,
colorants : capsanthéine,
agents liants: lignosulfate
– et enfin des appétants, pour qu’elles puissent avaler tout ça, comme le glutamate de sodium
Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.
Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :
 
antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)
antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),
émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),
conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284),
composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),
agents liants : stéarate de sodium,
colorants : F131 ou F142
– et enfin des appétants, pour qu’elles puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.
Les huiles, quant à elles, ont été :

– extraites par des solvants comme l’acétone,
– puis raffinées par action de l’acide sulfurique,
– puis lavage à chaud,
– neutralisées à la lessive de soude,
– décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium
– et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc,
– Enfin elles ont été recolorées à la curcumine.
 
La crême de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisant comme l’acide alginique (E400)
 

Histoire des Cerises

(complétée d’apres des éléments de « Aromatherapie » Jean Valnet 1990, Maloine)
 

Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.Les cerises sont :

– décolorées à l’anhydride sulfureux
– et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine.
– Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium
– et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).
 
Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d’engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par :
– défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux,
– puis décoloré au sulfoxylate de sodium,
– puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique.
– Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.
Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthetique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles -par économie d’echelle- en comparaison du parfum naturel de fruit.
L’exemple developpé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d’ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet, etc.
Le parfum artificel de cerise se compose donc des molécules synthetiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :
acétate d’ethyle
acéthyl méthylcarbinol
butyrate d’isoamyle
caproate d’ethyle
caprylate d’isoamyle
caprate d’ethyle
butyrate de terpenyle
geraniol
butyrate de geranyl
acetylacetate d’ethyle
heptanoate d’ethyle
aldéhyde benzoique
aldéhyde p-toluique
vanilline
essence artificielle d’amande amère SAP
essence artificielle de girofle Bourbon
essence artificielle de cannelle Ceylan
essence de lie de vin.
Ce texte, consacré à « la tarte aux cerises de supermarché » a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l’INRA, avant de quitter l’honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c’est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d’engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement … MORTS.
Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l’érosion des sols.
Membre de la Société américaine de microbiologie (en France, il n’ y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l’INRA!) Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

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